Quand l'esprit humain, avec son pouvoir limité...
« Quand l'esprit humain, avec son pouvoir limité, tente de reproduire en lui-même la riche vie du monde, dont il est lui-même une petite partie, et dont il ne peut jamais espérer s'extraire, il a toutes les raisons de procéder économiquement. »
Particle physics
La métaphore du cylindre est l'exemple d'un objet ayant des propriétés apparemment inconciliables.
Il serait à première vue déroutant d'affirmer qu'un objet ait à la fois les propriétés d'un disque et d'un rectangle : sur un plan, un objet est soit un disque, soit un rectangle.
Mais si l'on considère un cylindre : une projection suivant l'axe du cylindre donne un disque, et une projection perpendiculairement à cet axe donne un rectangle.
Dualité onde-corpuscule
La perception prête aux erreurs d’interprétation et nous conduit souvent à ne faire qu'effleurer la surface des choses.
Cela a conduit certains philosophes à postuler l’idée que la connaissance se devait d’être un travail unique de la pensée.
Galilée avait bien compris que la perception du monde à travers le prisme des sens nous expose à une représentation incomplète, voire biaisée, du monde qui nous entoure — interdisant tout raisonnement élaboré à partir d’une observation directe.
L'illusion des perceptions
Le philosophe et poète latin Lucrèce (60 av. J.-C.) donne une remarquable description du mouvement des particules selon les principes d'Épicure dans son œuvre De la nature :
"Si tu penses que les atomes, principes des choses, peuvent trouver le repos et dans ce repos engendrer toujours de nouveaux mouvements, tu te trompes et t'égares loin de la vérité. [...]
Puisqu'il en est ainsi, il ne peut y avoir aucun repos pour les atomes à travers le vide immense; au contraire, agités d'un mouvement continuel et divers, ils se heurtent, puis rebondissent, les uns à de grandes distances, les autres faiblement, et s'éloignent peu."
— Lucrèce, De rerum natura
L'expérience de pensée
« Supposons que nous puissions attribuer à la nature la propriété de produire des évènements semblables dans des circonstances semblables; nous ne saurions simplement pas comment trouver ces circonstances semblables. La nature est unique. Ces évènements semblables sont une production de notre schéma mental. »
L'unique puissance de l'imagination humaine
« L'objectif que [la physique] s'est fixé est l'expression abstraite la plus simple et la plus économique des faits. »
En se libérant de toute contrainte liée au monde physique, on peut dès lors imaginer l’irréalisable.
C’est une erreur de penser que la pensée analytique condamne l’expérimentation : Galilée lui-même s’est appuyé sur des expériences de pensée.
Sa démonstration, selon laquelle la vitesse de chute d’un corps ne dépend pas de sa masse, repose sur un raisonnement logique pur, lui permettant de contredire Aristote.
C’est également ce qui permit à Démocrite, dans un extraordinaire élan d’intuitivité, de postuler l’existence d’un monde fait d’atomes.
Considéré comme le fondateur de la pensée atomiste, il proposa avec Leucippe une vision révolutionnaire du monde.
Reprise plus tard par Lucrèce dans De rerum natura, cette conception anticipait déjà l’idée moderne que la matière tire ses propriétés de l’organisation de ses constituants fondamentaux.
« Un problème de minimum qui consiste à exposer les faits aussi parfaitement que possible avec la moindre dépense intellectuelle. »
Les concepts évoqués ici sont d’une remarquable justesse, et pourtant formulés il y a plus de 2000 ans.
La pensée de Démocrite illustre deux idées fondatrices :
- la matière tire sa diversité de l’organisation interne de ses sous-constituants ;
- il existe une unité insécable — l’atome —, représentation contre-intuitive mais profondément juste du monde physique.
